Cette section de la trousse d’outils vous aidera à transformer votre enjeu de sécurité routière et votre solution en un plan de mobilisation concret.
C’est maintenant à votre tour de réunir tout ce que vous avez appris et les enjeux de sécurité routière qui vous tiennent le plus à cœur dans un plan cohérent. Votre plan de mobilisation suivra un cycle simple en quatre étapes :
- Explorer
- Réfléchir
- Agir
- Faire le point
Lorsque vous explorez, vous choisissez votre enjeu et recueillez des données probantes. Lorsque vous réfléchissez, vous déterminez quel changement vous souhaitez apporter et trouvez qui peut le concrétiser. Lorsque vous agissez, vous planifiez vos actions et en assurez le suivi. Lorsque vous faites le point, vous examinez ce qui s’est passé et déterminez la prochaine étape.
Avant de commencer, retenez qu’il s’agit d’un cycle et non d’une série d’étapes à suivre. Vous parcourrez probablement ce cycle plus d’une fois, et c’est justement le but. Au fil du processus, vous remplirez votre propre plan de mobilisation étape par étape, et vous aurez peut-être d’autres éléments à ajouter aux sections précédentes.
À la fin de cette section, vous aurez un plan complet que vous pourrez mettre en œuvre.

Dans les étapes décrites ci-dessous, vous suivrez l’histoire réelle d’un jeune porte-parole canadien, Brandon Kwon, et découvrirez son expérience à travers chacune de ces étapes.
Étape 1 : Explorer
Tout plan de mobilisation commence par une question : qu’est-ce qui vous préoccupe? Pensez à votre propre vie et à vos déplacements quotidiens sur la route. Quel mode de transport utilisez-vous le plus et qu’est-ce qui vous semble dangereux à son sujet? À quel endroit dans votre communauté vous êtes-vous senti en danger? Y a-t-il une situation que vous avez vécue ou dont vous avez été témoin qui vous a marqué? Qui, autour de vous, est le plus touché?
Vous ne savez pas par où commencer? Consultez la page Ce pour quoi vous pouvez vous mobiliser et voyez ce qui retient votre attention. De nombreux enjeux de sécurité routière méritent qu’on s’y attarde, alors choisissez-en un qui vous tient à cœur ou qui touche votre communauté. Il peut s’agir d’une intersection dangereuse, d’excès de vitesse près d’une école, d’un trottoir manquant, de l’absence de pistes cyclables séparées de la circulation ou de toute autre situation que vous avez remarquée au cours de vos déplacements quotidiens.
Une fois que vous avez choisi un enjeu, prenez le temps de vous renseigner à son sujet. Un excellent moyen de l’examiner plus en profondeur consiste à utiliser un arbre à problèmes, qui vous aide à représenter le problème, ses causes et ses répercussions.
Arbre à problèmes
Ensuite, étayez votre démarche par des données probantes. De bonnes données probantes permettent d’établir que cet enjeu existe et qu’il pose problème dans la communauté. Votre propre expérience compte comme donnée probante, tout comme celles des personnes qui vous entourent. Dire : « Je traverse cette route tous les jours et j’ai été témoin de trois incidents évités de justesse ce mois-ci » est un témoignage concret qui peut avoir beaucoup d’impact.
Il est bon de combiner vos expériences avec des faits et des statistiques sur votre enjeu, car cela rend vos arguments plus difficiles à écarter. Par exemple, si vous accompagnez votre témoignage de données locales montrant que cette intersection compte un nombre de collisions disproportionné par rapport à d’autres secteurs, votre argument devient beaucoup plus solide. Un témoignage vous aide à vous faire entendre et montre que le problème est réel, tandis qu’un chiffre montre qu’il touche plus d’une personne et qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé.
De bonnes sources de données canadiennes comprennent :
- Statistique Canada
- Base nationale de données sur les collisions de Transports Canada
- SSR 2035+
- Les ressources de Parachute
- Le plan de sécurité routière ou le plan Vision Zéro de votre ville : consultez la Cartographie Vision Zéro de Parachute pour savoir quelles administrations ont adopté de tels plans.
Vous n’avez pas besoin d’une montagne de données. Quelques faits solides accompagnés d’un témoignage concret peuvent être très convaincants. C’est l’occasion d’engager la conversation avec votre conseil municipal et le personnel de l’administration municipale afin d’en apprendre davantage sur les enjeux qu’ils ont déjà relevés. Si la municipalité a déjà inscrit ce changement à sa liste de choses à faire, votre rôle consiste alors à mobiliser l’appui du public en faveur de ce changement, ce qui pourrait contribuer à accélérer le processus.
J’ai commencé à me préoccuper de la sécurité routière autour de mon école secondaire à Edmonton après avoir constaté à plusieurs reprises des embouteillages, des excès de vitesse et des conducteurs qui ne cédaient pas le passage près du passage pour piétons situé à l’entrée principale. Plutôt que de m’appuyer uniquement sur mes propres observations, j’ai voulu savoir si ces préoccupations reflétaient un problème de sécurité plus vaste. J’ai formé une équipe composée de personnes qui avaient été témoins de problèmes similaires, puis nous avons recueilli des données sur les incidents évités de justesse à notre école et les avons comparées à celles d’une école voisine où des mesures de modération de la circulation étaient déjà en place. Nous avons également mené un sondage auprès des étudiants afin de mieux comprendre leurs expériences et leurs préoccupations.
Brandon Kwon
Étape 2 : Réfléchir
À l’étape 1, vous avez déterminé un enjeu de sécurité routière dans votre communauté. Examinons maintenant certaines solutions possibles pour y remédier.
Commencez par vous renseigner sur les solutions
Il y a de fortes chances que votre problème ne soit pas nouveau et que quelqu’un, quelque part, ait déjà trouvé une solution. Vous n’avez pas besoin de réinventer la roue : il vous suffit de trouver une solution éprouvée qui convient à votre communauté. Regardez ce que d’autres communautés ont fait pour régler le même problème, en vous appuyant sur ce que vous savez déjà. Consultez la page Ce pour quoi vous pouvez vous mobiliser, qui présente de nombreuses interventions.
Voyez ce que les recherches indiquent comme mesures efficaces et ce que prévoit déjà le plan de sécurité routière ou le plan Vision Zéro de votre ville. Vous trouverez peut-être une seule solution à votre enjeu ou une combinaison de solutions. Gardez-les toutes à l’esprit pour la suite.
Décrivez en une phrase votre vision pour votre rue
Après vous être renseigné sur votre problème et les solutions possibles, formulez votre vision, c’est-à-dire ce que vous imaginez pour votre rue ou votre communauté une fois le problème résolu. Par exemple : « Chaque élève de mon école peut traverser la rue pour se rendre à l’arrêt d’autobus en toute sécurité. »
Un arbre de solutions est une façon d’organiser les informations que vous avez recueillies. Il peut notamment vous aider à déterminer précisément le changement que vous souhaitez demander. Une fois votre arbre rempli, vous aurez défini votre demande de mobilisation : le changement précis que vous demanderez. Choisissez la racine qui correspond le mieux à votre communauté, à vos données probantes et à ce que votre ville peut faire, car elle sera importante dans la prochaine partie de cette étape.
Arbre à solutions
Découvrez qui a le pouvoir de concrétiser votre solution
This matters more than almost anything else because a strong message sent to the wrong person C’est l’une des étapes les plus importantes, car même le meilleur message n’aura aucun effet s’il est envoyé à la mauvaise personne. Consultez la page Comprendre les politiques de sécurité routière au Canada pour déterminer quel ordre de gouvernement est responsable de votre demande.
Dans la plupart des cas, vous travaillerez avec l’administration municipale. Par exemple, les modifications apportées à un passage pour piétons sur une rue locale relèvent de votre ville ou de votre localité.
Ensuite, soyez précis. Trouvez le nom de votre conseiller municipal ou du service responsable.
- De nombreux sites Web municipaux proposent un outil « Trouver mon conseiller municipal »
- Vous pouvez utiliser iMatr, une plateforme canadienne gratuite qui permet de trouver vos représentants municipaux, provinciaux, territoriaux et fédéraux à partir de votre adresse
- Vous pouvez également appeler ou envoyer un courriel au numéro général de votre ville pour savoir qui est responsable de votre enjeu
Notez un nom et des coordonnées réelles La personne que vous cherchez doit avoir un réel pouvoir sur votre enjeu et être raisonnablement accessible. Pour la plupart des enjeux de sécurité routière, il s’agit d’un décideur local, et non d’un ministre fédéral.
Pensez ensuite aux personnes qui entourent la personne que vous cherchez à joindre. À qui écoute-t-elle? Qui exerce une influence sur elle? C’est ce qu’on appelle une cartographie du pouvoir. Votre conseiller municipal écoute peut-être le conseil scolaire, les entreprises locales ou les associations communautaires. Communiquer avec ces personnes peut être une façon d’atteindre la personne que vous cherchez à joindre.
Enfin, trouvez vos alliés. Qui travaille déjà sur cet enjeu? Quels amis, clubs, enseignants ou organisations pourraient vous soutenir? Une voix collective est difficile à ignorer. Une personne qui demande un passage pour piétons plus sécuritaire fait une demande. Une école qui souligne que mille élèves traversent cette route chaque jour présente un problème auquel la ville doit répondre. L’appui d’une institution, comme une école ou un club, peut avoir beaucoup de poids.
Notre objectif était de nous appuyer sur des données probantes pour promouvoir des changements concrets qui rendraient la zone scolaire plus sécuritaire. Après avoir analysé les observations et les réponses au sondage, nous avons constaté que notre école affichait un taux d’incidents évités de justesse nettement plus élevé. L’excès de vitesse, les embouteillages et les passages pour piétons dangereux figuraient également parmi les principales préoccupations des élèves. Nous avons collaboré avec la direction de l’école, le service de police local et la Ville d’Edmonton, qui ont joué un rôle important dans les décisions ayant permis d’améliorer la circulation, la signalisation et les infrastructures routières.
Brandon Kwon
Étape 3 : Agir
Il est temps de passer à l’action. Cette étape consiste à transformer la demande que vous avez définie à l’étape 2 en un plan concret : un objectif clair, la bonne stratégie pour joindre la bonne personne et un moyen d’assurer le suivi.
Fixez un objectif SMART
The whole project hangs on a goal sharp enough to act on, and that sets the tone for the entire Tout le projet repose sur un objectif suffisamment précis pour passer à l’action, et cet objectif donne le ton à l’ensemble du projet. Reprenez la demande que vous avez choisie à l’étape 2, transformez-la en un objectif clair et rendez-le SMART.
- S – Spécifique : indiquez précisément le changement souhaité et l’endroit concerné. Pas « des rues plus sécuritaires », mais « un passage pour piétons surélevé à l’intersection des rues John et Holmes ».
- M – Mesurable : vous devez pouvoir déterminer si le changement a été apporté. Un passage est soit approuvé, soit il ne l’est pas.
- A – Approprié : l’objectif doit être directement lié à l’enjeu qui vous tient à cœur et aux personnes qu’il touche.
- R – Réaliste : choisissez un objectif à la portée de votre groupe et réalisable dans le délai prévu. Un passage, et non tous les passages de la ville.
- T – Temporel : fixez une échéance. « D’ici la fin de l’année scolaire » permet de transformer une idée en objectif concret.
En réunissant tous ces éléments, vous obtenez un objectif : « Promouvoir l’approbation d’un passage pour piétons surélevé à l’intersection des rues John et Holmes d’ici la fin de l’année scolaire. » Comparez cet objectif à « régler les problèmes de congestion routière », qui est vague, n’a pas d’échéance précise et ne permet pas de déterminer si vous l’avez atteint. Un objectif SMART vous indique exactement ce que vous cherchez à accomplir et à quel moment vous saurez que vous avez réussi.
Fiche de travail pour définir un objectif SMART
Rejoignez votre public cible
Next, choose how you’ll reach your decision-maker or the people who influence them. There are Ensuite, choisissez comment vous communiquerez avec votre décideur ou les personnes qui exercent une influence sur lui. Il y a plusieurs façons de se faire entendre :
- une lettre
- un courriel
- une campagne sur les réseaux sociaux
- une demande de rencontre
- une entrevue avec les médias
Choisissez une ou deux méthodes qui conviennent le mieux à votre public cible et à votre objectif, puis utilisez-les efficacement. La page Communications stratégiques explique comment procéder pour chacune de ces méthodes et propose notamment des modèles que vous pouvez adapter à vos besoins. À considérer : Selon le degré d’accessibilité du décideur, il peut être préférable d’entrer en contact avec lui plus tôt dans votre processus, car il pourrait s’avérer un excellent allié à avoir à vos côtés dès le début.
Élaborez un plan d’action
Déterminez qui fera quoi et à quel moment. Écrivez votre plan d’action : si vous travaillez avec d’autres personnes, répartissez les tâches et fixez-vous des échéances pour envoyer des courriels ou communiquer avec les médias, afin que votre démarche ne perde pas son élan.
En même temps, réfléchissez à ce qui pourrait mal tourner. Le décideur pourrait ne pas répondre, il pourrait ne pas y avoir de fonds disponibles dans le budget de cette année ou votre propre emploi du temps pourrait devenir chargé. Vous ne pouvez pas tout prévoir, mais le fait de connaître à l’avance les obstacles les plus probables vous aidera à mieux y faire face.
Ensuite, passez à l’action. Communiquez avec d’autres organisations. Envoyez cette lettre. C’est le moment de mettre en œuvre tout ce que vous avez préparé.
Assurez le suivi
C’est l’étape que trop de personnes négligent. La mobilisation ne s’arrête pas lorsque vous cliquez sur « Envoyer ». Les courriels envoyés à la ville peuvent se perdre dans la masse ou atterrir dans les courriers indésirables, et un message sans suivi est facile à oublier.
Si vous n’avez pas reçu de réponse après quelques semaines, il est tout à fait approprié d’envoyer un rappel courtois. Si vous recevez une réponse, cherchez à obtenir un engagement : la personne a-t-elle accepté de faire quelque chose, et dans quel délai? Notez tout au fur et à mesure, notamment les réponses, les rencontres et les signatures que vous recueillez en cours de route. Les décideurs sont bien plus enclins à agir lorsqu’ils savent que quelqu’un suit le dossier et reviendra vers eux.
Nous avons préparé une présentation résumant nos constatations et proposé plusieurs améliorations, notamment un marquage plus clair des voies, des restrictions plus strictes en matière d’arrêt et une saillie de trottoir près du principal passage pour piétons. Nous avons d’abord présenté nos constatations à la direction de l’école et à un agent du Service de police d’Edmonton. Nous avons ensuite communiqué avec la Ville d’Edmonton et demandé une visite des lieux. Après avoir examiné le secteur, la Ville a accepté de transformer la zone où le stationnement était interdit à certaines heures en une zone où l’arrêt est interdit en tout temps, 24 heures sur 24.
Brandon Kwon
Étape 4 : Faire le point
Après tout le travail que vous avez accompli, prenez du recul et examinez honnêtement ce qui s’est passé. Le décideur ou la personne influente vous a-t-il répondu, a-t-il pris un engagement ou a-t-il agi? A-t-il fait ce qu’il avait dit qu’il ferait? Qu’est-ce qui a fonctionné et que feriez-vous différemment? Servez-vous de ce que vous avez consigné à l’étape 3 pour vous appuyer sur des faits plutôt que seulement sur vos impressions.
Si vous n’avez pas obtenu le changement souhaité, cela ne signifie pas que vous avez échoué. C’est tout de même une étape importante, et vous avez contribué à faire réfléchir les gens. Le moment n’était peut-être pas idéal ou votre demande était peut-être trop ambitieuse pour une première tentative. Même un « non » vous apprend quelque chose que vous ne saviez pas auparavant, et vous pouvez vous en servir. Si vous recevez une réponse favorable à la solution que vous défendez, évaluez les résultats pour déterminer si votre vision se concrétise.
Décidez maintenant de la prochaine étape :
- Poursuivre vos efforts en formulant une demande plus précise
- Essayer une autre stratégie ou vous adresser à une autre personne
- Confier le dossier à des alliés
- Prendre une pause bien méritée
Toutes ces réponses sont valables. La mobilisation est un processus continu, et non une démarche ponctuelle. Le cycle recommence à l’étape Explorer lorsque vous êtes prêt à poursuivre.
Si je devais refaire ce projet, je commencerais à recueillir les données plus tôt et j’observerais davantage de lieux sur une plus longue période. J’inclurais également d’autres écoles et recueillerais les commentaires des parents, des conducteurs et des résidents du secteur. Cette expérience m’a appris que la mobilisation des jeunes est plus efficace lorsque les expériences personnelles sont étayées par des données probantes claires, des recommandations réalistes et un suivi constant.
Brandon Kwon
Modèle de plan de mobilisation
Maintenant que vous avez parcouru tout le cycle, il est temps de rassembler tous les éléments. Nous avons créé un modèle de tableau de plan de mobilisation que vous pouvez utiliser. Remplissez chaque ligne avec les éléments que vous avez recueillis aux étapes 1 à 4. Vous repartirez avec un plan de mobilisation concret et réalisable pour la cause qui vous tient à cœur.