En 2023, selon Transports Canada, 1 964 personnes ont perdu la vie et 9 261 ont subi des blessures graves sur les routes canadiennes.

Ces chiffres constituent le bilan le plus élevé des 10 dernières années pour les décès sur les routes et le bilan le plus élevé des cinq dernières années pour les blessures graves. Derrière chacun de ces chiffres se trouve une personne : un ami, un frère ou une sœur, un parent, un collègue, un coéquipier ou un camarade de classe dont la vie a été inutilement perdue ou bouleversée. Ces décès et blessures graves évitables ont des répercussions durables sur les familles, les communautés et la société. 

Les incidents liés aux transports, notamment les collisions de véhicules automobiles, sont la deuxième cause d’hospitalisation pour blessures et la troisième cause principale de décès accidentels au Canada. Certains groupes sont également plus à risque d’être impliqués dans une collision. Les jeunes et les jeunes adultes sont blessés dans des collisions à un taux plus élevé que tout autre groupe d’âge, et leur taux de mortalité est plus élevé que celui de tous les autres groupes, à l’exception des personnes âgées de plus de 70 ans. 

Que vous soyez à pied, en voiture, à vélo, en patins ou en autobus, la route est l’un des endroits les plus dangereux que vous fréquenterez au quotidien, et vous ne pouvez pas l’éviter. Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Voici, dans ses propres mots, ce qui peut arriver lorsqu’une personne de votre âge décide de rendre les routes plus sécuritaires.

Photo of Mya Nantambu
ÉTUDE DE CAS : 

Le témoignage de Mya

While all of this may feel overwhelming, there’s still reason for hope: up to 90 per cent of motor vehicle collisions are preventable! Not “maybe someday preventable.” Preventable with changes we already know how to make, today. Right now, there’s a big gap between what we know works and what’s in place. That’s where you come in. Now that you understand the problem, let’s explore how you can be part of the solution. 

Qu’est-ce que la mobilisation?

En termes simples, la mobilisation consiste à faire entendre sa voix pour provoquer un changement positif, que ce soit en faveur d’une cause, d’une politique ou d’une idée particulière. Elle consiste à faire part de ses idées sur les changements nécessaires aux décideurs et au grand public, et à présenter des arguments convaincants pour expliquer pourquoi ces changements sont importants. 

Une campagne est une forme de mobilisation qui repose sur un plan stratégique : il s’agit d’une démarche organisée visant à obtenir un changement précis. Les campagnes permettent de sensibiliser le public à une cause, de rallier un solide réseau de soutien, d’influencer les décideurs et, ultimement, de provoquer un changement. La mobilisation n’est pas quelque chose dont il faut avoir peur. Vous n’avez pas besoin de plusieurs années d’expérience, d’un diplôme ou de beaucoup d’argent pour commencer : il vous suffit d’avoir une idée et la volonté de la mener à bien. 

Vous vous demandez peut-être : pourquoi la mobilisation est-elle importante pour la sécurité routière? Chaque élément de la route qui a une incidence sur notre sécurité résulte d’un choix. Chaque limite de vitesse, chaque piste cyclable protégée et chaque passage pour piétons existent parce que quelqu’un a décidé de les aménager et que quelqu’un d’autre s’est mobilisé pour que le changement se concrétise. Cette trousse d’outils existe parce que votre voix, adressée à la bonne personne, avec la bonne approche et la bonne demande, peut être l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour améliorer la sécurité routière. Vous constaterez aussi probablement qu’une fois que vous aurez fait entendre votre voix, de nombreuses autres personnes partagent votre point de vue.

Six mythes qui méritent d’être démystifiés

Avant de commencer à vous mobiliser, parlons de certaines idées qui peuvent nous empêcher d’agir. Vous pourriez les. 

Mythe 1 : Les collisions sont causées par les mauvais conducteurs. Si tout le monde conduisait correctement, personne ne serait blessé.

Les gens font des erreurs sur la route. Nous ne sommes pas parfaits, alors les collisions sont inévitables, mais une erreur ne devrait pas coûter la vie. C’est tout le principe de Vision Zéro. L’objectif de Vision Zéro est exactement celui que son nom laisse entendre : que personne ne meure ou ne subisse de blessures graves sur nos routes. Plutôt que de s’attendre à ce que les gens se comportent parfaitement, Vision Zéro vise à créer un réseau de transport qui empêche ces erreurs inévitables d’avoir des conséquences mortelles. 

Cela peut sembler ambitieux, mais nous savons déjà comment prévenir ces décès. Des villes comme Hoboken, au New Jersey, ont connu neuf années consécutives sans aucun décès lié à la circulation. D’autres pays et villes ont également réalisé des progrès considérables, notamment la Suède, Oslo en Norvège, Helsinki en Finlande et Edmonton en Alberta. 

Vision Zéro repose sur l’idée que, que vous soyez dans une voiture ou non, vous avez le droit de vous rendre à destination et de rentrer chez vous en toute sécurité. Bien que le comportement individuel demeure un élément important de la question, considérer qu’il est le seul problème n’est pas une approche efficace. Au lieu de s’attendre à ce que tout le monde adopte un comportement parfait, l’approche des systèmes sûrs, un cadre utilisé par de nombreuses administrations pour progresser vers Vision Zéro, préconise de concevoir les routes, les passages pour piétons, les limites de vitesse et les véhicules de manière à ce que, lorsqu’une collision se produit, personne ne meure. Ces types d’interventions permettent de réduire les conséquences d’une collision, même lorsque des personnes commettent des erreurs. 

En savoir plus sur Vision Zéro et l’approche des systèmes sûrs.

Icon of car collision

Mythe 2 : Une route n’est dangereuse que lorsqu’une collision se produit.

Pensez à toutes les situations où vous avez vu de justesse un accident se produire ou où vous avez vous-même failli avoir un accident sur la route : un automobiliste qui a franchi un panneau d’arrêt, un cycliste qui a failli être heurté parce qu’il n’y avait pas de piste cyclable protégée à sa disposition, ou encore ce coin de rue où tout le monde roule trop vite. Même si rien ne s’est produit à ce moment-là, cela ne veut pas dire que rien ne se produira jamais. Pour chaque collision mortelle qui survient, de nombreux incidents se produisent sans qu’« il ne se passe rien ». Or, ces incidents évités de justesse sont des signes avant-coureurs qu’une route présente des problèmes. Ce sont aussi le type de données probantes que les personnes qui se mobilisent devraient utiliser pour mettre en place des mesures de sécurité routière avant qu’un drame ne survienne.

Icon of cars on a road

Mythe 3 : La sécurité routière concerne uniquement les véhicules et les conducteurs.

Même si les grands sujets dont on entend parler dans ce domaine concernent généralement les véhicules et les conducteurs, la sécurité routière englobe bien plus que cela. La sécurité routière concerne toutes les personnes qui utilisent la route : les piétons, les cyclistes, les usagers des transports en commun, les personnes qui font de la planche à roulettes, les personnes qui se déplacent en trottinette électrique ou à vélo électrique, ainsi que les personnes qui utilisent des aides à la mobilité, comme les fauteuils roulants. De nombreux jeunes ne conduisent pas et doivent pourtant composer avec des routes dangereuses chaque jour. La sécurité routière a une incidence sur tout le monde.

Icon of car in garage

Mythe 4 : La sécurité routière est un enjeu isolé.

Vous pourriez penser que la sécurité routière est un enjeu isolé, mais elle est en fait liée à de nombreuses autres causes qui vous tiennent à cœur. Bon nombre de ces causes sont liées d’une manière ou d’une autre à nos routes, ce qui signifie que si vous vous souciez de ces causes, vous vous souciez déjà de la sécurité routière.

IC’est un enjeu de santé publique

Les décès et les blessures liés aux collisions routières se retrouvent chaque jour dans les services d’urgence, les centres de traumatologie et les unités de réadaptation. Ainsi, chaque collision évitée grâce à la mobilisation représente un patient de moins dans un système de santé déjà soumis à de fortes pressions. 

C’est un enjeu d’équité

Les quartiers à faible revenu disposent souvent de moins d’infrastructures sécuritaires que d’autres quartiers, comme des trottoirs, des passages pour piétons et des pistes cyclables protégées, et sont généralement traversés par des routes plus larges où les véhicules circulent plus rapidement. Parallèlement, les personnes qui vivent dans ces quartiers sont plus susceptibles de se déplacer à pied, à vélo ou en transport en commun, ce qui signifie qu’elles sont parfois davantage exposées à la circulation sans protection. Cette situation touche également de manière disproportionnée les personnes qui n’ont pas accès à une voiture, notamment les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées, qui peuvent avoir plus de difficulté à se déplacer. 

Tout cela fait en sorte que les personnes qui disposent du moins de ressources sont exposées aux risques les plus élevés et, comme ces communautés sont souvent moins entendues, ces problèmes ne sont pas considérés comme prioritaires. C’est précisément là que la mobilisation entre en jeu.

C’est un enjeu climatique

Des rues sécuritaires pour les déplacements à pied et à vélo signifient moins de déplacements en voiture, ce qui contribue à créer des villes plus vertes, avec moins de pollution et de faibles émissions de carbone. 

Icon of roads with a city in the background

Mythe 5 : C’est comme ça que sont les routes. Rien ne changera.

Rien de ce qui se passe sur nos routes n’est le fruit du « hasard ». Chaque limite de vitesse, chaque passage et chaque voie sont le résultat d’une décision prise par quelqu’un. Mais les décisions peuvent changer. Les solutions ne sont pas un mystère non plus : nous savons assez bien ce qui rend les routes plus sécuritaires, comme vous le verrez dans les prochaines sections. Ce qui fait généralement défaut, ce n’est pas la connaissance, mais la pression exercée sur les personnes qui prennent ces décisions. C’est là que vous entrez en jeu : si le système a été façonné par des choix, votre voix permet de faire le prochain choix. 

Icon of group of people

H3 : Mythe 6 : Les jeunes sont le problème sur les routes.

Vous entendrez souvent cela. Même la Stratégie de sécurité routière du Canada désigne les jeunes conducteurs comme un groupe à risque important. Mais on peut aussi voir les choses autrement : faire partie des groupes d’âge les plus à risque signifie que vous êtes le groupe d’âge qui a le plus de raisons d’exiger des changements.  

Les jeunes apportent à la mobilisation des choses que personne d’autre ne peut apporter : une expérience vécue, de la passion, de l’énergie et le refus d’accepter que « c’est comme ça que ça a toujours été ». Partout dans le monde et au Canada, les jeunes s’efforcent déjà de rendre nos routes plus sécuritaires et contribuent aux changements qui doivent absolument se produire.

Mais ne vous contentez pas de prendre la parole de cette trousse d’outils pour argent comptant. Voici le témoignage, dans ses propres mots, d’un jeune qui se mobilise.

Photo of Aidan D'Souza
ÉTUDE DE CAS :

Comment Aidan s’est mobilisé pour un passage pour piétons plus sécuritaire